Avant-propos

Le temps est révolu quand il suffisait de chuchoter dans l’oreille du Ministre des Finances pour enclencher des réformes. Aujourd’hui, elles prennent forme à la suite d’un débat entre les parties prenantes au sein du pays qui conduit à l’émergence d’un consensus politique national. Plus ce débat s’inscrit sur des faits et des fondements empiriques, plus il est probable que ces réformes soient appropriées par le plus grand nombre et favorisent les pauvres.

Si cette observation se vérifie dans tous les pays, elle est encore plus vraie à Madagascar qui souffre d’une crise politique aigue depuis plus d’une année. Le manque de légitimé politique du gouvernement actuel procure une raison supplémentaire pour porter le débat économique dans le domaine public. Ces notes de politiques économiques représentent donc une tentative de la Banque mondiale de générer et, dans certains cas, stimuler ce débat en l’alimentant avec des évidences et des analyses.

Cet ouvrage couvre une série de domaines relativement divers, en partant de la croissance jusqu’à l’environnement, le transport, la santé et l’éducation. Il existe toutefois un thème commun à l’ensemble de ces notes : Madagascar, un pays doté de ressources naturelles et humaines en abondance, est loin d’avoir réalisé son potentiel. La raison sous-jacente se trouve essentiellement dans la prise de décisions inadéquates par les gouvernements successifs, le plus souvent pour des motifs politiques, qui ont conduit le pays sur un chemin de croissance ralentie avec une pauvreté et des inégalités disproportionnées. 

Au lieu de dresser un inventaire des erreurs commises par les gouvernements antérieurs, ces notes ont adopté une approche alternative. Elles commencent par les atouts de Madagascar et suggèrent des pistes pour les renforcer. Elles cherchent ensuite à identifier les faiblesses majeures qui doivent être remédiées pour que le pays puisse atteindre son potentiel. Cette démarche se rapproche de l’évolution biologique qui repose sur les forces des organismes vivants pour ensuite procéder par des changements successifs et ainsi les aider à devenir plus performants. Dans une société aussi complexe et instable que celle de Madagascar, cette approche n’est certainement pas la plus irrationnelle pour comprendre les processus de développement économique.

Aussi important que le contenu de ces notes a été la volonté délibérée de l’équipe de la Banque mondiale d’adopter un processus participatif lors de leur préparation. Les auteurs ont ainsi veillé à engager dès le départ un nombre de parties prenantes. C’est ainsi que la plupart des notes ont été discutées au sein des « Dialogues sur le Développement Economique », organisés par le Bureau de la Banque mondiale à Antananarivo, qui ont compté sur la participation active du secteur privé, de la société civile, des médias et des partenaires au développement. Avant même leur publication, ces notes ont déjà contribué à leur objectif initial – à savoir enrichir le débat sur le développement au sein du pays.

Enfin, ces notes ont une valeur qui va au-delà de Madagascar. Il y a en effet des leçons à tirer pour d’autres pays sur les conséquences néfastes de décisions prises pour des motifs politiques sur les résultats économiques. Ces notes sont aussi une source d’inspiration pour nous tous. Elles démontrent que même dans des circonstances politiques difficiles, une analyse fondée et empirique peut aider à construire un consensus domestique qui à son tour, peut contribuer à sortir des millions de personnes de la pauvreté.

Shanta Devarajan
Chief Economist
Africa Region

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