Préface

Provoquer le débat pour mener à l’action…

La réflexion se doit d’être multiple et partagée. C’est dans cette optique que la Banque mondiale offre une collection de notes de politiques sectorielles qui visent avant tout à entretenir le débat sur le développement économique de Madagascar. Cette collection de notes n’a pas l’ambition d’être un recueil exhaustif et complet couvrant tous les secteurs et aspects de l’économie malgache. Elle reflète surtout un effort collectif de mise à jour et d’analyse des connaissances accumulées dans différents domaines où la Banque mondiale a travaillé à Madagascar au cours de la dernière décennie conjointement avec d’autres partenaires techniques et financiers.

Bien que ces notes reflètent avant tout la réflexion au sein de la Banque mondiale, elles ont été partagées avec bon nombre d’interlocuteurs dans le pays. Elles ont ainsi été présentées aux partenaires techniques et financiers actifs à Madagascar à travers les Groups Sectoriels existants, et leurs commentaires ont été incorporés dans la présente version. La plupart de ces notes ont également été discutées avec des représentants de la société civile, du secteur privé, du secteur académique, des médias et des bailleurs de fonds lors de rencontres –les « dialogue sur le développement»– organisées par le bureau de la Banque à Antananarivo. Ce processus a favorisé l’inclusion, la diversité, l’amélioration et l’appropriation des analyses et des conclusions par les parties prenantes.

Il existe bien entendu plusieurs manières de présenter les notes de politiques sectorielles qui composent cet ouvrage. Notre choix s’est porté sur une présentation qui met en avant les atouts et faiblesses essentiels des principaux secteurs de l’économie malgache. Le développement économique consiste souvent à optimiser ses avantages comparatifs et absolus tout en réduisant le plus possible les obstacles ou déficiences. Les notes décrivent et analysent les forces et faiblesses constatées, tâchent d’identifier les contraintes ou obstacles qui subsistent et proposent aussi des options et recommandations tournées vers l’avenir.

Au-delà des spécificités sectorielles, la présentation cherche à cultiver les liens intersectoriels. En effet, il est difficile de discuter du développement agricole sans se référer aux problèmes du foncier ou de la gestion de l’eau. Les synergies sont également évidentes pour le développement du secteur privé, qui est fortement tributaire de la productivité de la main d’œuvre, elle-même dépendante de l’éducation et de l’état de santé de cette dernière, ainsi que de l’état des infrastructures. Par conséquent un certain nombre de notes ont plutôt un caractère transversal ou utilisent des références croisées.   

Une attention particulière est aussi portée au contexte dans lequel doit s’inscrire la croissance économique à Madagascar. La littérature économique, ainsi que l’expérience sur le terrain, ont montré qu’il ne s’agit pas seulement de définir ce qu’il faut faire mais aussi de mettre en place les conditions nécessaires pour que les décisions soient prises de façon cohérente au contexte institutionnel et réglementaire du pays. C’est pourquoi le thème de la gouvernance a pris une place importante non seulement dans l’analyse et les recommandations des notes sectorielle mais aussi plus directement en proposant des notes sur les aspects relatifs aux institutions publiques (la vue du Haut) et aux besoins d’organisation sociale et de redevabilité envers le citoyen (la vue du Bas) qui sont complémentaires,  la politique et gestion budgétaire, qui reste le principal instrument de l’Etat, et les défis d’une politique de décentralisation. 

La réflexion qui est ici proposée s’inscrit dans le temps et reflète la situation au début de l’année 2010. A Madagascar, ce moment correspond à une période de crise politique où les bouleversements tant sociaux qu’économiques ont été nombreux. Il est indéniable que l’appareil économique ressort affaibli par cette longue crise et les incertitudes qui ont troublé le secteur public et privé au cours de ces derniers mois sont à l’origine de la diminution des investissements productifs et des indicateurs sociaux. Pourtant, une période de bouleversements politiques présente aussi une opportunité pour la réflexion et la construction des choix de politiques sectorielles et économiques de demain.

Notre ambition est donc de provoquer ce débat d’idées qui devrait permettre de construire le Madagascar du futur. Nous espérons que ces notes, parfois critiques, soient avant tout perçues comme une contribution à la réflexion et non comme une manifestation de positions arrêtées. Nous souhaitons qu’elles encouragent les acteurs de la vie politique et économique à participer au  débat sur les enjeux des politiques sectorielles et également qu’elles contribuent à la prise de décision et facilitent la matérialisation des actions qui assureront la relance économique du pays dans un futur que nous souhaitons aussi proche que possible.

 

Adolfo Brizzi
Country Manager, Madagascar

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